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Dispositif dyslexie

Le dispositif dyslexie

Par GAELLE RANC, publié le mardi 17 janvier 2017 20:06 - Mis à jour le mercredi 18 juillet 2018 13:31

10% c'est, selon les statistiques, le pourcentage d'enfants atteints de dyslexie. Au collège François Truffaut, il existe un dispositif, en 6e, 5e et 4e, à l'intention des élèves souffrant de dyslexie, c'est à dire de troubles du langage écrit. Le but n'est pas de les en guérir mais d'adapter légèrement la méthode d'enseignement à leur handicap.

Dans le jargon de l'enseignement, on les appelle "dys". Ce sont les enfants souffrant de TSLE, Troubles Spécifiques du Langage Ecrit. "C'est le terme officiel pour désigner toutes les formes de dyslexie : dysphasie, dyspraxie, dysorthographie..." explique le principal du collège.

Cela fait maintenant plusieurs années que l'établissement a décidé de prendre le problème à bras-le-corps en proposant un dispositif spécial à l'intention de ces élèves.

Mais qui sont-ils ? "Chaque cas est particulier et il y a différents degrés de dyslexie, mais de manière générale, ce sont des enfants qui éprouvent de grande difficulté de lecture et d'écriture, qui inversent les lettres et les syllabes", répondent Mme De Andrade, professeur de français, et M Paoli, professeur de mathématiques, deux enseignants volontaires pour encadrer en tant que professeurs principaux ces élèves un peu particuliers.

"Ils doivent faire preuve d'une extrême concentration et mobiliser beaucoup d'énergie pour réussir à déchiffrer un texte, et du coup, ils perdent de vue le message dans sa globalité. En fait l'idéal, pour eux, ce serait un enseignement qui se passe totalement à l'oral."

Toujours selon les 2 enseignants, les "dys" sont aussi des enfants qui se fatiguent et se déconcentrent très vite et, par conséquent, se découragent."

A François Truffaut, entre 15 et 20 élèves de 6e profitent chaque année du dispositif, et autant en 5e et 4e. Pour chaque niveau, les élèves sont répartis dans 2 classes où ils sont mêlés à leurs autres camarades. Car pas question d'instaurer une ségrégation.

Ce sont des classes à effectifs allégés (une vingtaine d'élèves) et "où il y a le moins d'éléments perturbateurs possible." De ce fait, après avoir suscité la crainte des parents d'élèves "non dys", ces classes sont aujourd'hui assez demandées tant l'ambiance y est studieuse et les conditions d'apprentissage idéales.

D'autant que le programme scolaire est strictement le même pour les enfants "dys" pour lesquels l'Education Nationale a les mêmes exigences "sauf pour l'orthographe".

Mais comment l'équipe éducative s'y prend-elle pour aider ces enfants "dys" ? "Nous ne sommes pas des orthophonistes et comme nous le disons toujours aux parents en début d'année, nous ne faisons pas de miracles", avouent modestement nos 2 interlocuteurs.

Leur rôle, et leur objectif va surtout consister à remettre ces élèves en confiance. Comment ? En s'adaptant à leur handicap, "car c'en est bien un, même si le mot fait peur à beaucoup de parents".
"D'abord, nous sommes beaucoup plus attentifs à eux. Ensuite, on va alléger au maximum leur travail écrit, par exemple en leur fournissant des photocopies des cours. On va aussi relire les énoncés des exercices avec eux etc."

Est-ce que la méthode fonctionne ? "Oui ils se sentent écoutés et soutenus, un climat de confiance s'instaure. c'est d'ailleurs aussi valable avec les parents".

Même à l'examen du Brevet des Collèges, ces élèves se voient proposer une dictée aménagée ainsi que du temps supplémentaire pour les différentes épreuves à la demande des parents et sur certificat médical.

"C'est de naissance, mais pas du tout une question d'intelligence"

D'où vient ce handicap ? "Des études neurologiques ont été menées, sans grand résultat. On sait juste que c'est de naissance et que ce n'est aucunement lié à l'intelligence ni au contexte socio économique familial."

Pendant longtemps, les élèves "dys", faute d'être diagnostiqués comme tels, étaient tout simplement considérés comme des élèves fainéants, qui n'aimaient pas l'école. Tout ce qu'il faut pour perdre courage et confiance en soi... Le but du dispositif qui existe à Truffaut (et dans une dizaine de collèges du département) est justement de remettre ces enfants en confiance, à savoir que tous les enfants sont désormais soumis à des tests, à l'école primaire.

Malgré tout, la dyslexie est parfois diagnostiquée assez tardivement (parfois même seulement en 4e ou en 3e).

En tout cas "il faut savoir que l'on n'en guérit pas, insistent les 2 enseignants. Il s'agit donc de trouver des stratégies pour pallier au handicap."

Article de Loic Todesco